de Emmanuel Grand

2015_01_24Marko Voronine est ukrainien. Comme beaucoup de ses compatriotes, il espérait beaucoup du passage du joug stalinien au paradis européen. Sa déconvenue est aussi grande que son envie de partir là-bas, à l'ouest, pour goûter lui aussi à la douceur de vivre. C'est avec trois autres acolytes qu'il décide de passer clandestins, coincés derrière des palettes dans un camion affrété par la mafia polonaise. Pour trois mille euro, tout devait bien se passer sauf que... De simple clandestins, ils passent fugitifs. Pour qu'un espoir de survie persiste, ils décident de se séparer une fois arrivés sur le sol français. Marko continue à l'ouest. Toujours plus à l'ouest pour arriver en Bretagne et embarquer pour une petite île bretonne : Belz. C'est bon comme planque, ça. Faut voir !

Terminus Belz est le premier polar d'Emmanuel Grand. En fait, Terminus Belz est son premier livre tout court. Et c'est pas mal du tout pour une première. Sa plume est fluide et percutante. Quelques longueurs sont à déplorer et des fioritures dues aux contes et légendes de Bretagne font quelque peu chou blanc mais ne gâchent pas l'ensemble. Son personnage principal qu'il dessine noir et taciturne nous devient assez rapidement sympathique à nous autres lecteurs. On se prendrait même à penser que ce pauvre garçon n'est vraiment pas né sous une bonne étoile. L'humour n'est pas en reste et s'installe là où on ne l'imaginerait pas. La mafia, ça ne prête pas vraiment à rire et pourtant ! L'ensemble est cohérent bien que l'histoire parte en cacahuète sur le dernier tiers du livre. L'auteur se serait-il emballé ? Alors ce nouvel écrivain est prometteur mais ne doit pas se relâcher ! Ah ! Oui. Aussi. Ne cherchez pas Belz, l'île, pour vos prochaines vacances, elle n'existe que dans l'imagination de l'auteur... enfin presque parce que Belz existe bel et bien mais comme commune sur le continent, à côté d'Etel. Par contre, elle possède un bout de territoire au large, l'île de Saint Cado.