Au menu d'une reine

En rentrant de vacances de neige, un arrêt parisien vous était imposé avant de retrouver vos pénates. Arrêt imposé mais salutaire pour profiter de tous les trucs à faire sur Paname, alignés les uns à la suite des autres, sur une liste longue comme le bras, comme par exemple : aller dans le 2ème chercher deux, trois pelotes manquantes pour finir ce pull commencé en 2009 (Oo, :S, :o(, et caetera), téléphoner au Dantan pour lui proposer un déjeuné à caler entre ses nombreux rendez-vous d'affaires, voir l'expo Doisneau à l'hôtel de ville ou encore prendre un thé en compagnie de cette nouvelle amie rencontrée lors de votre séjour marocain ; pourquoi pas chez Mariage Frères et en profiter pour faire le plein de thé en vrac. C'est tout ? Oui ! Enfin nan... puisque finalement au lieu de courir à travers les vingt arrondissements de Paris, vous êtes restée à l'appartement assister à une journée de travail d'illustration d'un livre culinaire...
- 19 mars 2012 -
Alors que vous vous apprêtiez à passer le pas de porte, l'hôte vous colle entre les mains un exemplaire de A table avec Jean de La Fontaine. Regarde ! vous lança-t-il le regard ému, il vient juste de sortir !! Sachant pertinemment que si, là, tout de suite, vous ouvriez cet ouvrage, votre emploi du temps s'en trouverait tout chamboulé. Ce qui n'a pas loupé !
Passée la couverture, ce n'est pas un livre de cuisine que vous feuilletez mais un véritable beau livre. Un livre qui n'a pas vraiment sa place dans la cuisine coincé entre Les recette faciles de Françoise Bernard et le cahier des secrets des petits plats de famille, menacé de recevoir une tâche d'huile ou d'être barbouillé de farine entre deux relectures du poids en sucre et le nombre d'oeufs entiers à utiliser. Page après page, vous découvrez l'univers de l'auteur des célèbres fables mises en scène autour du plaisir de la table. Le lièvre et la tortue sont croqués avant d'être cuisinés. La cigogne et le renard sont transformés en recette associée et dignement illustrée. Et que dire de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf tout comme les 52 autres fables présentées dans cet ouvrage ? Vous commencez à peine à interroger votre hôte sur le travail que représente l'écriture et les illustrations d'une telle édition qu'il vous coupe au son de l'interphone d'un joyeux c'est Fabrice, le photographe ! Vous demandez alors timidement si oui, vous pouvez vous mettre là, là dans ce petit coin pour observer le travail d'une équipe soudée, parent du futur opus de la même collection : A table avec la reine d'Angleterre... Oui ? Merciiiiiiiii !!! :)
Arrivent sur le fait l'auteur, Frédérique Jacquemin et Coco Jobard, la femme au chapeau, styliste réputée pour ne faire qu'une seule prise. Vous avez beau vouloir être petite souris dans votre petit coin, vous ne pouvez vous empêcher d'allonger le cou pour ne pas louper une étape du chapitre illustration par images de cet hommage rendu à Elisabeth II pour son jubilé par les Editions Agnès Viénot. C'est au milieu des rouleaux d'étoffes - plus soyeuses les unes que les autres - signées Tricia Guild, de la vaisselle fine et raffinée provenant de chez Bernardaud, des papiers imaginés par Lacroix, d'orfèvreries de chez Odiot, du cristal étincelant et vous en passez... que Coco pose son carnet rempli de notes et de dessins. Premier plat : salade de fruits noirs d'Osborne. Là, Frédérique vous explique qu'elle a choisi sa recette en pensant à la reine Victoria durant son veuvage. Ah ! Oui ! Parce que nous ne sommes pas invités qu'à la table d'Elisabeth II mais à celle de toutes les reines ayant trôné sur le Royaume Uni. D'ailleurs, une introduction historique est prévue au début de chaque recette. Pendant ce temps, Fabrice règle son Reflex sur la scène que mettent en place Coco et son assistant, votre hôte, Johan. Deux verres noirs, un saladier de prunes et de mûres sur un lit de feuilles de vigne, quelques graines de genévrier et un brin de romarin disposés sur une dalle d'ardoise sur fond de médaillons aristocratiques en velours. Clic. Clac. Kodak. C'est dans la boîte. Natures mortes, recettes en situation après avoir été cuisinées se suivent sous la direction de Coco et ses notes. Cinq photos plus tard, il est déjà 14h30. Un rôti sauce parfaite accompagné de pudding du Yorkshire sortent du shooting pour se retrouver sur la table. Un régal ! Les mûres de tout à l'heure se voient compoter avec une bonne noix de beurre et un nuage de sucre en un tour de main experte, avant d'atterrir dans nos assiettes en compagnie d'une boule de glace à la vanille. Ce chaud-froid n'est pas au menu de nos reines mais ravit tout de même vos papilles. Entre deux bouchées vous vous faites expliquer comment on en arrive à faire ce métier : mettre en scène et sublimer une recette. La passion... Parce qu'il n'existe pas vraiment d'école à part celle de la vie. La passion, les rencontres, les opportunités à saisir et une bonne pincée de talent aussi car il ne suffit pas de mettre une jolie nappe pour avoir une jolie scène. D'ailleurs, en parlant de scène, Fabrice décharge ses prises en attendant que Frédérique donne le thème du prochain plat ; Coco feuillette son carnet.
Une photo. Deux photos. Vous regardez l'heure. Changement de papier peint. Il faut vraiment que vous y alliez si vous ne voulez pas louper votre train. Lissage d'une nouvelle étoffe. Vous cherchez vos sacs aussi discrètement que possible. Disposition du compotier et des agrumes. Vous refermez la porte derrière vous. Marmelade d'orange. Et vous imaginez la suite de la scène : discussion sur le choix du couvert, cadrage, meilleur angle. Un sourire se dessine au coin de vos lèvres. Alors que vous vous engouffrez dans le métro vous vous dites que oui, finalement, c'était une bien jolie journée.
Nota : sinon, Johan participe à un concours photos. Un petit clic là ? Merci pour lui !
Tous complices
de Ricci French


Bonnie en tant que meilleure amie et professeur de musique se voit dans l'obligation d'accepter d'orchestrer la partie dansante du mariage de Danielle. Pour se faire, il lui faut un groupe. Un groupe qu'elle doit donc monter de toute pièce avec des amis musicos qu'elle convint tant bien que mal. Vient se greffer à ce groupe de bras cassés un guitariste professionnel : Hayden. Beau, ténébreux, artiste tourmenté, il en agace plus d'un tandis qu'il en fascine autant d'autre, dont Bonnie. Bonnie qui, à quelques jours de la représentation, se trouve à côté de son cadavre.
Après une dernière lecture classique avec Alexandre Dumas, ce roman tirant sur le thriller se lit d'une traite et avec délectation. Chapitres courts, plume directe et sans emphase, rythme soutenu et intrigue sauvegardée, il n'en faut pas moins pour adhérer au dernier Ricci & French. Ces deux journalistes romanciers malmènent leur lecteur comme leur héroïne, les ballottant un chapitre sur deux entre "l'après" et "l'avant" histoire de les amener sûrement vers l'instant T, l'heure du crime et du meurtrier. Oh bien sûr, en faisant un effort d'imagination il serait possible de le débusquer en amont mais pourquoi se priver du jeu imaginé par les auteurs ? Quand nous sommes dans le passé, il nous tarde d'être après pour en savoir plus. Mais une fois dans le présent, pour comprendre comment le groupe a pu en arriver là, il nous faut vite retourner avant. Jeu machiavélique mais rudement efficace d'autant plus qu'on croit en avoir fini avec les énigmes qu'ils réussissent à remettre dix balles dans le zinzin pour relancer le débat. Argh !
38 témoins
de Lucas Belvaux
Sous les arcades du Havre, une jeune femme de 20 ans est assassinée vers trois heures du matin. La rue est déserte et endormie. Seuls les cris de la victime déchirent le silence de la nuit. Pas de témoins oculaires pour aider la police qui se rabat sur les habitants des immeubles environnants. 38 appartements, 38 témoins auditifs potentiels, 37 au sommeil de plomb plus un au sommeil plus léger et réveillé par des hurlements inhumains mais qui ne s'en est pas préoccupé.


Excellente analyse de l'âme humaine sur fond de drame, car pour Lucas Belvaux il ne s'agit nullement de présenter une enquête policière. Le meurtre, quelque part, il s'en fout. Il n'est que prétexte pour confronter 38 personnes à un cas de conscience : non assistance à personne en danger. Et c'est parti pour une farandole de réactions toutes humaines, toutes défendables, toutes d'actualité en passant par le confortable individualisme, les pesants remords, la paralysante peur, la si humaine lâcheté et le jugement facile car il est toujours très facile de juger les autres lorsque l'on ne se trouve pas confronté à la situation. Et pourtant, le spectateur ne se porte pas en juge face à ces 38 témoins mais se retrouve plutôt invité à se remettre en question. Et moi, qu'aurais-je fait à leur place ? Il semble évident de répondre j'aurais appelé les flics ! Tellement évident que les journaux sont bourrés de faits divers du même acabit... relatés par des journalistes friands de ce genre d'histoire au nom du sacro-saint droit de savoir. Oui, mais à quel prix ? N'ont-ils aucune morale ? Pas si simple à voir le dualisme qui tiraille Nicole Garcia que l'on retrouve avec bonheur devant la caméra. Quoi qu'il en soit, cette petite piqûre de rappel sur le sens civique que nous pratique le réalisateur ne nous fait pas de mal !
Le fils de l'autre
de Lorraine Levy
Alors que le fils d'Orith, Joseph, doit faire son service militaire obligatoire en Israël, elle découvre, lors d'examens sanguins, une incompatibilité génétique entre son enfant et eux, ses parents. Elle remonte à la nuit de son accouchement en 1991 où une alerte a obligé les médecins à mettre en sécurité son bébé avec un autre nouveau né, celui de Leïla, de nationalité palestinienne.


Le sujet n'est pas nouveau. Etienne Chatiliez l'avait traité sur le ton de l'humour dans son cultissime La vie est un long fleuve tranquille. Ici, pas d'échange volontaire de bébé d'une famille bourgeoise contre un bébé d'une famille d'assistés sociaux mais entre deux familles issues de peuples qui se détestent : les palestiniens et les israéliens. Autant dire que question humour, mieux vaut oublier tout de suite ! Le défit est donc rude pour Lorraine Levy et difficile à relever. On ne peut pas dire qu'elle n'y arrive pas mais son film ne laissera sans doute pas de traces. Tout y est attendu et sans surprise : les mères laissent leurs différents de côté et se rapprochent assez facilement, les pères sont blessés dans leur amour propre et refusent de se parler dans un premier temps, les petites soeurs respectives, encore des petites filles, partagent sans aucun problème leurs Barbies. Seuls les deux jeunes ont un comportement assez inattendu. Choqués 10 secondes seulement, ils prennent la nouvelle de leur échange relativement bien en continuant tant que faire se peut leur petit bonhomme de chemin. Petite pointe d'humour tout de même et clin d'oeil au père Aubergé du long fleuve tranquille auquel se substitue un rabbin, religion juive oblige ! En résumé, on en attend peut-être trop de ce drame connaissant les tensions religieuses et politiques de ce coin du monde. A voir, certes, mais l'émotion est discrète, maladroite presque tabou. Sur ce tableau on lui préfère sans aucun doute la caméra de Eran Riklis avec Les citronniers ou encore La fiancée syrienne.
Vingt ans après
de Alexandre Dumas


Alors qu'Aramis court toujours les crinolines malgré sa propre robe, que Porthos ne rêve plus que d'un titre de noblesse pour être comblé, qu'Athos a laissé ses démons de côté pour s'occuper de son fils, d'Artagnan et son épée servent toujours la couronne et accessoirement le cardinal Mazarin vingt ans après la fin de service. C'est pour honorer un ordre du cardinal que le quatrième mousquetaire décide de partir à la rencontre de ses ex compagnons d'arme pour les convaincre de rempiler. Les années faisant, les opinions divergent. Le signal de ralliement "un pour tous" aurait-il du plomb dans l'aile ?
Outch ! Dur de replonger dans un classique... La faute à une PAL vide et non renouvelée mais qui donne une chance de renouer avec les auteurs de valeurs sûres. Celui-ci traîne depuis des lustres dans la bibliothèque parentale. Alors on s'y attelle. Il suffit juste de s'adapter à nouveau aux caractères arial taille 5, aux phrases de 15 lignes, aux chapitres interminables, aux phrasés alambiqués et puis voilà plus d'un mois de lecture pour quelques 600 pages. Quoiqu'il en soit, le lecteur est content de recouvrer les héros de son enfance. Bien sûr ils ont vieilli mais lui aussi ! Alors il est indulgent avec Alexandre en souvenir des bons moments que ses quatre mousquetaires lui ont fait passer... à la télé. Soyons honnête ;) D'ailleurs, on ne peut s'empêcher d'imaginer quels acteurs pourraient leur prêter leurs traits pour une adaptation de ce volet. Tout au long de la lecture, Gérad Depardieu s'est imposé de lui-même pour le personnage de Portos. Ce n'est pas novateur puisqu'il l'a déjà incarné. Bref ! Aussi bon narrateur que soit monsieur Dumas, force est de constater que je suis indéniablement ancrée dans mon époque concernant la littérature. C'était sympa à lire mais bon voilà quoi... Par contre quand ils veulent les réalisateurs pour les retrouvailles sur grand écran ! Tout le monde a compris que Dumas passe mieux en images ou j'en rajoute encore une couche ? :D
Les piliers de la Terre #2

Avant de clore le chapitre new yorkais concernant les édifices religieux, il nous faut impérativement prendre le métro E et descendre à Worl Trade Center St au sud de Manhattan. Non pas pour shoper au Century 21 mais pour rendre une visite, un hommage aux sinistrés du 11 septembre. Si chaque rue, ou presque, rappelle au passant la catastrophe humaine qui s'est déroulée ce jour gravé dans toutes les mémoires, il en est un qui concentre toutes les émotions d'hier et d'aujourd'hui : la chapelle Saint Paul. Située quasiment au pied de Ground Zero, cette petite chapelle datant du XVIIIème siècle ayant survécu aux chocs d'ondes engendrés par l'effondrement des tours a bien des histoires à nous raconter.
Lower, Manhattan - Septembre 2009. Si elle a connu des évènements joyeux telle que la célébration de la nomination de George Washington au poste de premier président des Etats Unis d'Amérique comme en témoigne le prie-Dieu sur lequel il s'est agenouillé, ce n'est pourtant pas cette chaise qui retient l'attention mais tous les témoignages de soutien, de chagrin, d'incompréhension concentrés en son coeur tout comme les empreintes indélébiles laissées par les différents acteurs du 11 septembre. Alors tout ce que nous avons pu voir via les médias devient concret. Un mot, une peluche, des fleurs, un chapelet, des traces de doigts. Concret... Et une boule s'installe dans la gorge.
L'extérieur, bien qu'un peu irréel avec son cimetière et ses pierres tombales d'un autre temps faisant presque penser à l'imaginaire de J. K. Rowling, a la lourde charge d'être le gardien d'un symbole peu ordinaire : la cloche de l'espoir. Cloche sonnant tous les 11 septembre, et ébranlée également en mémoire des victimes du monstre d'Oslo, elle a été offerte par l'Angleterre au peuple américain.
"To the greater glory of God
and in recognition of
the enduring links between
the City of London
and the city of New York.
Forged in adversity - September 11, 2001"
En trois siècle, cette petite chapelle n'a pas failli à être porteuse d'espoir après une tragédie. La première étant la célébration de l'investiture de Washington après les années de guerre. La deuxième étant donc la mémoire de toutes les actions terroristes quelles qu'elles soient. Quand on y pense, drôle de destiné pour un si petit édifice...

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
de Jonas Jonasson


Allan Karlson vit dans une maison de retraite de la paisible ville de Malmköping, en Suède. Aujourd'hui est le jour de son centième anniversaire. Alors tout le personnel, et surtout soeur Alice, se démène pour fêter dignement cet évènement. Oui mais voilà, Allan n'aime pas soeur Alice. Et encore moins ses fêtes. Sur un coup de tête, ses vieux os lui permettent encore d'enjamber l'encadrement de la fenêtre et d'attérir dans la plate-bande, juste en dessous, pour échapper à soeur Alice. Et maintenant ? Et bien, vu que son acte ressemble à une fugue, autant aller jusqu'au bout en commençant par aller à la station de bus. Et puis après, on verra. De toute façon, n'a-t-il jamais agit ainsi durant toute son existence ?
Voilà un vieux pas tout à fait ordinaire ! Qu'on ne s'y trompe pas, Allan n'est pas l'affectueux papy tremblant du menton et aux yeux rieurs que l'on peut s'imaginer du fait de son grand âge. Non. Allan est un solitaire et un impulsif. Alors que le lecteur s'interroge sur le devenir de ce centenaire, n'imaginant pas deux secondes qu'ils iront bien loin lui et ses rhumatismes, l'auteur passe au peigne fin les différentes phases de sa longue vie tout en faisant évoluer son personnage farfelu dans le présent. Il ne s'agit pas non plus qu'il ne lise qu'une biographie d'une personne factice. Chaque période s'incruste parfaitement au gré de la fugue de notre drôle de petit vieux. Celui-ci nous faisant indéniablement penser à Forest Gump tellement les évènements ayant ponctués sa vie semblent extraordinaires au lecteur et tellement banales à ses yeux. La plume de Jonas Jonasson fait donc vivre des moments complètement déjantés et surréalistes à son personnage pour notre plus grand plaisir, car si le lecteur se dit que c'est du grand n'importe quoi, il ne peut faire autrement que se marrer face aux facéties et autres situations inextricables dans lesquelles son créateur l'a plongé. On en viendrait presque à regretter que l'histoire ne s'étale pas sur cinquante ans supplémentaires ! Comme disait la pub Finger dans les années 70 : tu pourrais pas les faire un petit peu plus long ! ;)
Workingirls

Si Canal+ avait réussi le pari de faire rire sur une actualité qui ni s'y prêtait pas avec son Kaboul Kitchen décalé, l'essai est loin d'être transformé par sa nouvelle création originale, Workingirls.
Workingilrs, c'est la caricature des femmes dans le monde bureaucrate du travail. Entre les standardistes au QI d'une moule attardée, l'employée dépressive, l'assistante de direction mère de famille nombreuse, la responsable de service tyrannique, la RRH nymphomane et les femmes de ménage maniaques, on a vite fait le tour de la connerie. Une caricature c'est grossir les traits de caractère à leurs extrêmes. On a bien compris. Mais, il faut un minimum de trait à la base pour pouvoir le grossir... A croire que nos scénaristes n'ont jamais posé un orteil dans un bureau d'entreprise ! - Ouvrez la parenthèse. Remarque, vous n'êtes pas sûre de vouloir connaître la réponse. Fermez la parenthèse - Nan parce qu'il paraît évident que toutes sociétés qui se respectent, mettent des demeurées finies à l'accueil, vitrine de l'entreprise. Et ce n'est guère mieux dans les étages... Tiens, par exemple, on y trouve la chef du personnel en train de simuler l'astiquage du coquillage avec un téléphone histoire d'allumer un nouvel embauché au beau milieu de l'open space aux regards de tous. Les tous en question ayant le nez sur leur clavier, ne s'apercevant de rien. S'il est tout à fait plausible que cette catégorie socioprofessionnelle contienne des malades de ce type dans ses rangs, il semblerait qu'elles aient l'intelligence, à la hauteur de leurs études, d'harceler les employés dans l'intimité de leur bureau. Qu'on se remémore les petites plantes du chef de service d'un bureau des postes parisien dans Promotion canapé. Quant aux femmes de ménage obnubilées par les grains de poussière, nous parlons d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Les pauvres, avec le temps imparti à la baisse pour effectuer un nombre de taches toujours à la hausse, elles ont juste le temps de vider la poubelle et de foutre le bordel dans vos papiers avant de passer au bureau d'à côté. Alors ? Elle est où la caricature dans tout ça ?!
Bref, l'idée de départ est bonne. C'est juste que les rôles sont mal distribués et les situations non adaptées. Ca se veut sans doute à la hauteur de Caméra café mais si une fois les 5 minutes de ce dernier écoulées, le spectateur en redemande avec le sourire aux lèvres et un c'est tellement vrai ! lui venant à l'esprit, ici, le petit quart d'heure amplement suffisant d'humour gras et vulgaire ne renvoie à aucun vécu, base de la fameuse caricature. Mes dames, revoyez vos copies !
Les piliers de la Terre #1
Vous êtes tombée sur les superbes travaux de David Stephensen, dont Vision of Heaven, ce qui vous a fait tilter que vous aussi, vous aviez ce goût commun des lieux de culte. Non seulement les églises catholique mais également les mosquées, les temples d'hier et d'aujourd'hui, les églises orthodoxes et les synagogues. Bref ! Tous ces lieux racontant une histoire, décrivant un mode de vie, inscrivant des messages dans le temps, distillant des indices sur le passé et proposant des refuges pour les égarés.
Pour ce premier volet, nous nous envolons pour New York City. Fermeture des portes, attention au départ !

Midtown, Manhattan - Septembre 2009. Ce quartier regorge de lieux de culte. Souvent coincés entre 2 buildings, ils semblent tenir tête, avec leurs pierres noircies par la pollution, aux constructions bétonnées les jaugeant de leurs surfaces vitrées et lumineuses empêchant la lumière de traverser les vitraux des premiers. C'est un vrai contraste voire un choc temporel que nous avons ressenti lorsque nous avons osé quitter le monde d'aujourd'hui pour pousser le lourd battant de la Saint Thomas Church datant du début du 20ème siècle pour ressentir une véritable impression de retour au moyen-âge... Les sensations de calme, froid, silence de plomb perturbent les sens qui se trouvent toujours suscités dans chaque coins des rues new yorkaises. Seuls les sons sortant des tuyaux de l'orgue magistral forment une liaison entre l'apaisement d'un autre temps et le brouhaha perpétuel de la circulation extérieure.

On retrouve ce même dualisme à l'approche de la Saint Patrick's Cathedral. D'un côté le passé et la spiritualité, de l'autre le modernisme et le matérialisme. Car se dresse, comme une provocation face à ses portes, le Rockeffeler Center et sa sculpture art déco représentant Atlas supportant la voûte céleste. Ca ressemble à un pied de nez à la religion ça, non ? Pourtant, Rockfeller ne semblait pas en froid avec celle-ci puisque le monsieur s'est offert le luxe, dans les années 30, d'acquérir au nom du MET la collection privée d'un certain Barnard constituée de véritables cloîtres datant du XIIème du sud de la France et de la remonter au nord de Harlem près de l'Hudson river ! Dans cet havre de paix, on ressent la communication première entre la religion et la population. The cloisters sont un lieu de détente dominical où les familles aiment se retrouver pour partager un bout de couverture à carreaux où s'étallent les pique-niques, pour échanger quelques balles ou apprendre à junior les balbutiements du base-ball, ou tout simplement pour se reposer avec un bon roman à la main. Ce que nous nous sommes empressés de faire, d'ailleurs ;)
Manque à ce très bref tour d'horizon des monuments religieux new yorkais, l'ambiance et la chaleur des nouvelles églises ou Dieu est chanté, glorifié, prié avec ferveur par des chorales de gospel. Deux de nos amis ont participé à une de ces cérémonies le premier jour de notre séjour. Vous, vous avez préféré les sentiers de Central Park. Ce n'est que partie remise ! Car bien sûr, un jour, vous y retournerez...
Nota : bien entendu le titre et le thème de cet article et des prochains (normalement) fait référence au livre de Kent Follet et/ou à l'adaptation télévisée qui en a été faite.

Du domaine des Murmures
de Carole Martinez


A la fin du XIIème siècle, la demoiselle du Domaine des Murmures se voit dans l'obligation de prendre époux sur ordre du seigneur son père. Sa seule échappatoire se trouve dans la religion à laquelle elle aspire vouer le reste de ses jours après s'être tranchée net l'oreille devant l'autel de ses épousailles. Son voeux sera exhaussé : emmurée vivante dans une annexe de la chapelle jouxtant le château de son père.
L'histoire d'une jeune femme bigote emmurée dans un 4 m² avec pour seul moyen de communication avec l'extérieur une meurtrière... Ca laisse perplexe concernant le côté passionnant du truc. Et pourtant, le lecteur se laisse prendre au récit de cette vie particulière loin d'être morne et pleine de béatitude ou d'alléluia. Carole Martinez, avec son roman médiéval, nous transporte tel un troubadour au milieu des châteaux forts en nous contant le quotidien d'une cour et de ses domestiques où le mystique et le surnaturel font bon ménage sur fond de croisades. Sa plume joue si bien les chansons d'Esclarmonde que c'est tout naturellement que le lecteur des temps moderne se voit chercher sur internet si quelques donjons de ce domaine ne seraient pas encore debout quelque part sur les hauteurs de Franche-Comté, histoire de prolonger encore, le temps d'un pèlerinage, la magie du moment passé au temps des preux chevaliers et de la sainte inquisition ! Hélas, trois fois hélas ! Tout ceci n'est rien d'autre qu'une fiction. On s'y serait pourtant cru !
Le clan des héritiers
pièce de Saul O'Hara, adaptation de Pierre Sauvil
C'est dans une salle loin d'être comble que le rideau se lève sur une scène abritant le salon, à la décoration relativement moderne, d'une directrice de centre de réinsertion de jeunes délinquants. Cette dernière se voit impliquer, bien malgré elle, dans un guet-apens organisé par la police pour coincer un couple diabolique. Le mari, ancien pensionnaire du centre, est devenu riche en épousant à répétition des héritières malencontreusement disparues peu de temps après le voyage de noce. La femme, est devenue riche en épousant à répétition des héritiers malheureusement disparus peu de temps après le voyage de noce. C'est ballot. La police les soupçonne d'avoir éliminé leurs conjoints respectifs dans le but d'hériter au plus vite de leurs fortunes. Pour arriver à les confondre, le commissaire chargé des enquêtes s'est arrangé pour les mettre en relation afin qu'ils se marient et s'entretuent pour étayer ses dires. Et c'est parti pour les coups bas et pièges en tout genre.

Vu comme ça, ça à l'air poilant. Surtout qu'en tête d'affiche se trouvent Grace de Capitani et Pascal Sellem. Et ils sont poilant. Eux. Non ? Dommage que les seconds rôles soient plats et les desservent en ne donnant aucune dynamique à la pièce. Grace de Capitani a beau avoir un fort potentiel comique, elle ne peut pas sauver à elle toute seule le spectacle. Car au tout début, le spectateur est prêt à y mettre du sien. Souri, ri timidement même, encourage les acteurs par ses applaudissements mais devient rapidement passif face à la mollesse de la pièce. Pascal Sellem, de son côté, se démène tant qu'il peut pour sauver les meubles ; allant jusqu'à essayer d'impliquer le public. Flop ! Ici, une petite dame profite même de la lumière des projecteurs braqués sur la salle pour se faire la malle sous le nez du pauvre Pascal essayant de le prendre avec humour... En même temps, on la comprend... Les clichés sur les tentatives de meurtre assez pathétiques se succèdent les uns après les autres jusqu'à l'ultime fatidique mettant fin à ce spectacle indigne de ses deux vedettes. Les rappels se font timides et ont un goût d'obligation. La salle n'a qu'une hâte : se casser de là ! Dommage... Le pitch et les têtes d'affiche étaient pourtant prometteurs. A moins que nous en demandions trop pour satisfaire nos 40 € déboursés pour nous divertir...
Blanche Neige (Mirror mirror)
de Tarsem Singh
Blanche Neige, petite princesse orpheline, est élevée par sa belle-mère entre les quatre murs de son château jusqu'à son 18ème anniversaire. A cette date, bravant pour la première fois les interdits, elle se hasarde au milieu de son royaume pour se retrouver confrontée à son peuple croulant sous les taxes et impôts toujours plus lourds, prélevés par la régente. Sensible à leur désarroi et en souvenir des jour meilleurs sous le règne de son père, elle décide de tenter de reprendre le royaume en main.


L'histoire, on la connaît ! Blanche Neige, c'est cette princesse un peu précieuse, un peu nunuche, un peu trop lisse, un peu trop belle pour rester dans les pattes de sa marâtre qui ne trouve rien de mieux que de lui faire croquer une pomme pour la tuer parce que bon, il faudrait pas qu'elle devienne la plus belle du royaume non plus. Mais heureusement, vint le prince charmant pour la sauver... Ah les hommes ! Que ferait-on sans eux ? C'est ce qu'à essayer d'imaginer Tarsem Singh dans sa version un peu moins édulcorée de ce grand classique parmi les contes des frères Grimm. Bien sûr, tous les ingrédients du conte original y sont mais remasterisés sauce 21ème siècle. La méchante belle-mère a un de ces putain d'humour (Bravo Julia !). Le prince charmant est... charmant mais n'a vraiment pas inventé le fil à couper le beurre. Les 7 nains ont toujours un trésor mais emploient une manière beaucoup moins catholique pour le gonfler. Quant à l'héroïne, elle est résolument devenue une femme moderne (il faut dire que celle de Disney était quand même gratinée...) sans être non plus une gravure de mode. Alors dans tout ça, les grandes s'y retrouvent autant que les petites ! Et cerise sur le cup cake, les décors et les costumes ravissent tous les yeux, nous renvoyant dans notre chambre de petite fille à dessiner des robes roses improbables garnies de fils d'or et d'argent, qu'à coup sûr elles ne passent pas les portes. Mais vos rêves se sont réalisés : les costumiers les ont confectionnées !! Juste whouaaa :) En un mot, ce film n'est pas un grand film et doit être regardé pour ce qu'il est : un bonbon acidulé distillant des souvenirs de notre tendre enfance sur fond de modernité. Ah ! oui ! Aussi. Message pour le réalisateur : le final bollywoodien c'était un pari ou bien ??!
On dirait qu'on vit en 1810

Quand vous étiez encore une petite fille, vous adoriez jouer à "on dirait qu'on est des princesses et vous les sankokaï" ou "on dirait que je suis la maîtresse et toi l'élève". Jouer un rôle pour un quart d'heure, une heure ou un après-midi. On dirait que... Mais jamais nous autres gamins du même quartier n'avons joué à "on dirait que je suis la maman qui reste à la maison à astiquer, laver, m'occuper des courses, du ménage, des enfants, de ton repas, de ton linge et de ton bienêtremonchéri et toi tu es le papa qui va travailler et fait bouillir la marmite ohmonseigneuretmaîtret'esfatigué ?". Comment n'y avons nous pas pensé ? C'est vrai quoi ?! Nous avions pourtant des exemples sous les yeux : des mamans qui n'étaient pas forcément à l'heure pour nous récupérer à la sortie de l'école car pas encore débauchées, des grands-mères nous expliquant comment, à 12 ans, elles se sont retrouvées dans les champs à faire tourner la ferme car les hommes étaient à la guerre, des tantes qui ont repris les rênes de la petite entreprise familiale puisque le père s'en était allé. Que de beaux exemples à mettre sous les yeux de ces enfants pas encore déformés et prêts à se fondre dans le moule de la société qui bientôt serait la leur et héritée des expériences, combats et évolutions de leurs parents et aînés. Société où la place des 2 sexes n'est pas encore complètement égalitaire mais on y travaille et sur quoi les chiennes de garde, toujours prêtes à mordre, veillent. Merci maman, merci mamie, merci tata. Mais ! Mais dans la fabrication de notre joli monde occidental, les féministes de la première heure ont oublié une donnée qui a son importance et qui n’existait pas de leur temps : la mon-dia-li-sa-tion ! Quel joli mot. C'est rond, ça glisse, ça file, c'est doux à l'oreille et endort notre réflexion. La notre peut-être mais pas celle de tout le monde...
Si vous en êtes restée bouche bée c'est parce que la désapprobation est sortie en premier non pas de la bouche des femmes mais de celles des hommes à coup de si ils ne sont pas contents, ils n'ont qu'à rentrer chez eux, on ne les retient pas, - mais qu'est-ce qu'ils attendent pour nous revendre si notre fonctionnement ne leur plaît pas !, - etc. Alors "on dirait que je suis une femme en détresse et que tu es mon sauveur". Messieurs nos collègues, merci. Moralité : le français reste un gentleman et le chintoc un mufle. Bon ce ne sont pas vraiment des chintocs mais c'est pareil : petits, un sourire scotché en permanence énervant, ne comprenant rien ou pas grand chose mais détenant les cordons de la bourse. Qu'on vous pince, vous allez vous réveiller...

~ Thaïlande 2006 ~
Le triangle d'or : Mékong (à gauche la Birmanie, à droite le Laos)
Bangkok : les khlongs - Environs de Bangkok : culture de la jacinthe d'eau
Bangkok : fleuve Chao Phraya - Doi Tao : lac
Million dollars baby

A la fin des années 60, les Beatles nous assuraient que
♪ All you need is love, papalala ♫♪
Dans les années 70, Marvin Gaye nous affirmait que
♪ You're all I need ♫♪
Dans les années 80, Duran Duran nous démontraient que
♪ All you need is now ♫♪
Dans les années 90, les Masterboy avançaient que
♪ All you need is feel right now ♫♪
Aujourd'hui, Aloe Blacc nous ramène sur terre en rappelant que
♪ Well I need a dollar dollar, a dollar is what I need ♫♪
Voilà, voilà, voilà... Doivent avoir grave les boules les ex soixante-huitards ! Comme dirait un de vos potes : quel échec...
Qu'est-ce qu'i' dit ??

Alleeeeeez, vieeeeens ! J'ai invité deux potes italiens et personne d'autre le parle à part toiiiiii ! vous explique une de vos amies ayant organisé une petite sauterie "champagne & cocktail" au retour de vos vacances sportives. He. Ho. On se calme. Ce n'est pas parce que vous avez eu, 1) l'idée farfelue de prendre italien en troisième langue et, 2) un rital dans votre vie que ça fait de vous quelqu'un de bilingue dans la langue de la Cicciolina. Sinon ça se saurait !
Nan parce que vous et l'apprentissage des langues étrangères ça fait deux. Vous vous souvenez encore de ces moments de torture auditive lors des cours d'anglais niveau collège. Votre prof et sa longue expérience pédagogique n'avaient pas bien saisi qu'avant de pouvoir demander le sens d'un mot inconnu dans votre short list de vocabulaire, il aurait déjà fallu que vous en compreniez la phonétique... Ben ouais ! Vous ne vous voyiez pas bien lui demander la signification de wing eu wing... Comment ça c'était pas dans le texte ?! Pardon ! Pardon ! C'est ex-ac-te-ment ce que vous aviez entendu !
Bref ! C'est bien ce que vous disiez. La résolution de l'équation de Darcy, c'est quand même vachement moins compliqué. CQFD. N'empêche que vous vous êtes retrouvée, vous, vos kilos superflus dus au reblochon (oui, toujours lui) et vos oreilles pelées face au rital du jour, vous ramenant dans votre salle de classe de troisième.
- Lui, testant votre niveau linguistique : wing eu wing eu wing una conversazione
- Vous, légèrement sur la défensive puisque vous n'avez pas tout bien compris : un piccolo (en n'oubliant pas d'ajouter le geste à la parole en laissant un très très très petit espace entre votre pouce et votre index)
- ... He ! Vous lança-t-il sur un ton supérieur avant de vous tourner le dos, moi, six mois après être arrivé en France, je parlais presque courament le français !
- Vous, vexée comme un poux : Nianianiania ! (avec la grimace qui va avec. Bien sûr)
Connard ! Et ça, vous savez AUSSI le dire en italien :D

Les confins des sens

Pour en finir une bonne fois pour toute avec le fil rouge de votre semaine montagnarde, à savoir le reblochon et la cuisine qui en découle, vous avez décidé de manger gastronomique. Ca tombe bien car une enseigne qui ne paye pas de mine en vitrine mais qui vaut son pesant de cacahuètes à en croire les critiques, se trouve à deux pas de votre chalet des vacances. Comme ça va bien cinq minutes les plats au suffixe en ette, c'est avec enthousiasme que vous vous installez sur votre siège en cuir ou simili (?) marron face à vos trois couverts qui n'attendent qu'à cliqueter dans les assiettes.
Un rapide tour d'horizon vous confirme ce qu'annonce le site du restaurant : chaleur et intimité. Vous vous interrogez tout de même sur la signification des 4 lettres en remplacement des principaux chiffres de la grande horloge fixées sur le mur plaqué de bois. J, S, A, F... Votre curiosité vous pousse à poser la question au garçon de salle qui vous répond un sourire en coin qu'il s'agit des initiales du prénom des patrons. Ah !? C'est pas tout ça mais vous êtes venus là surtout pour assouvir votre curiosité gustative et non maladive. Alors avant de repartir en cuisines pour lancer les commandes de vos menus en toute confiance, soit autant de plats cuisinés au gré des envies des chefs et suivant vos palets, il vous demande de réfléchir à tout ce que vous n'aimez pas, histoire que vous ne vous retrouviez pas avec des ris de veau de lait de Corèze braisés à avaler. Ce n'est pas que vous n'aimez pas ça mais votre religion vous l'interdit. Tout comme les tripes à la mode de Caen. Ou bien encore le râpé de coco et l'anis. Ah oui ! et vous ne tenez pas particulièrement non plus à retrouver le goût de la réglisse en bouche. C'est tout ? Bien.
Commence alors la farandole des réjouissances : amuse bouche, entrée à base de rillettes de poisson blanc, de mousse de betterave, de langoustine suivie d'une gratinée de pomme en attendant le plat suivant. Boeuf en parmentier revisité, pré dessert et dessert de pomme sous toutes ses formes. Entre les virgules de purée, les points de vinaigre balsamique caramélisé et les contenants sortant de l'ordinaire, vous vous surprenez à analyser les saveurs mêlées, à décortiquer les signatures, à essayer de lire l'histoire. A croire que Ghislaine Arabian a investi votre corps ! A trop regarder Top Chef, ne savez-vous plus fermer les yeux, écouter vos papilles danser le french cancan et savourer ce délicieux moment tout simplement ? Of course ! Et c'est tant mieux. Parce que il y a une sacré fiesta dans votre bouche...
Confins des sens - Le Villavit
74450, Le Grand Bornand
Nota : trop préoccupée à déguster ces petits plats inventés pour vous, vous en avez complètement oublié de les immortaliser. Les plats...

Kafka sur le rivage
de Haruki Murakami

Kafka Tamura, un adolescent japonais de 15 ans, fugue pour échapper à une prédilection de son père. Au même moment, Nakata, un vieil homme simplet et amnésique suite à un coma prolongé durant son enfance, sent qu'il doit quitter son île natale. Bien qu'étant deux étrangers l'un pour l'autre, leur vadrouille va leur donner un destin commun.
La lecture de Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro m'a été très difficile par le style de l'auteur et la lenteur de l'ouvrage, et avait plus ou moins fermé les portes de ma bibliothèque aux auteurs japonais. Haruki Murakami a su y mettre le pied pour éviter qu'elles ne se ferment complètement. Tel un commercial, vieux briscard du porte à porte, il use de toutes les astuces connues et reconnues pour faire de son opus une valeur bankable : chapitres courts, deux personnages principaux dont les chemins vont indéniablement se croiser, une intrigue... intriguante ! Et histoire de nous harponner complètement, il mélange la poésie à la science fiction. Mêle le fantastique au roman policier. Brasse le drame psychologique avec le mode épistolaire. Dans ce vaste melting pot des genres littéraires, son lecteur trouvera bien son bonheur, non ? Soit ! Mais à trop partir dans son délire, nous avons du mal à suivre le fil. Et même si la lecture est agréable, elle n'en reste pas moins un mystère une fois la dernière page tournée. On s'étonnerait presque d'y être parvenu et de ne pas s'y être ennuyé... et encore plus d'avoir aimé sans vraiment pouvoir l'expliquer ! C'est peut-être ça la force Murakami ?!
Mince alors !
de Charlotte de Turckheim
Nina, 1m75, 80 kg, ne rentre plus dans les critères de beauté de son mari. Pour la motivée à recouvrer une taille correspondant à la norme imposée par les lignes de maillots de bain qu'il commercialise, il lui offre une cure d'un mois à Brides-les-Bains. Brides-les-bains, station thermale d'amaigrissement où se retrouvent, entre autres, comme chaque année, Emilie, grosse mais fière de l'être, et Sophie, à la silhouette parfaite mais ayant terriblement peur de prendre 2 grammes.


Dans la même veine que Mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs..., Charlotte de Turckheim nous prouve encore une fois par ce joli film qu'elle sait manier avec brio l'humour à la française en traitant un sujet d'actualité qui est loin d'être comique : l'obésité et les rondeurs ou le dictat du taille 38 dans notre société. Loin de prétendre à une reconnaissance du milieu cinématographique, Mince alors ! répond en tout à son cahier des charges : divertir et amuser. Les jeux de mots sont fins et très bien placés. L'humour est toujours présent sans devenir lourd ni potache. L'émotion n'est pas non plus mis de côté notamment grâce à Catherine Hosmalin qui explose littéralement dans son rôle et rend son personnage sympathique et attachant, volant presque la vedette à Lola Deweare qui, pourtant, use de tout son charme pour nous attendrir avec Nina. D'ailleurs, Catherine Hosmalin confiait lors d'une interview qu'elle craignait d'en avoir fait de trop mais que pour une fois, elle pouvait vraiment jouer son personnage à fond et du coup s'est autorisée à lâcher les chiens. Bien lui en pris ! Un film qui ne restera sans doute pas dans les anales, nous sommes d'accord, mais qui fait du bien et tombe à pic pour nous changer des séries télévisées politique du moment...
Les adieux à la reine
de Benoît Jacquot
A l'aube de la débâcle de la monarchie, la reine de France, Marie-Antoinette d'Autriche, appelle à son chevet, comme chaque matin, Sidonie Laborde, sa liseuse. Cette jeune fille sans titre de noblesse, mystérieuse et secrète, dévouée corps et âme à Sa Majesté est prête à tous les sacrifices pour lui plaire et gagner son amitié. Et le prix de l'amitié d'une reine n'est jamais bon marché...


Déçue... Les caméras de Benoît Jacquot se posent d'épaule en épaule pour suivre les pas et la vision de la liseuse de la reine dans l'antre d'un Versailles sens dessus dessous pour ne pas perdre une miette des jours suivant l'annonce de la prise de la Bastille par le peuple. Mais la vie d'une liseuse, fanatique de surcroît, est aussi passionnante que celle d'une gardienne de prison. Même dans ces jours agités... Peut-être pas dupe de l'ennui profond que ne manque pas d'inspirer son héroïne, le réalisateur cadre serré, use de gros plans et de scènes où elle seule apparaît, histoire que le spectateur ne se concentre que sur son personnage et non sur les princes affolés, les comtes incrédules, les marquises sur le départ qui ne manquent pas d'attirer l'oeil et la curiosité. Alors il resserre encore, longe les couloirs délabrés des combles du château, filme les courses de Sidonie accourant essoufflée mais sans être en sueur au moindre appel de la reine. Ces moments historiques lui passent au-dessus de la tête et par elle échappent au spectateur. Pour l'Histoire, on repassera ! Par contre, vis ma vie de fan, nous sommes en plein dedans... Oui mais voilà, jouer les groupies n'est sûrement pas chose facile et Léa Seydoux passe complètement à côté de son personnage en ne déployant que deux expressions dans son jeu. Heureusement, Diane Kruger rehausse le niveau mais ne peut pas sauver les meubles à elle seule en campant une Marie-Antoinette frivole, capricieuse aux moeurs douteuses, tordant le cou à celle de Sofia Coppola. Quant à Virginie Ledoyen, la distribution a eu la riche idée de la porter à l'écran que quelques minutes amplement suffisantes pour qu'elle ne tape pas sur les nerfs ! Globalement, déçue, oui, assurément !
Lundi des patates, mardi des patates, mercredi des patates aussi

Le problème, lorsque l'on rentre des sports d'hiver, c'est que vous êtes cantonnée à porter des cols roulés rapport au bronzage qui ne dépasse pas le dessous du menton. Et ce, même si vous avez eu une météo digne des tropiques, ce qui vous fait peler des oreilles. Et votre décolleté blanc laiteux jure horriblement avec vos lobes qui muent... Sans parler de vos kg superflus dus a un régime alimentaire pourtant plus qu'équilibré pendant cette dernière semaine sportive. Régime à base de reblochon parce que le sport ça creuse ! Et que pour faire passer les un, euh... non deux voire trois rebloch' - T'es sûre ? - bon d'accord les c-i-n-q fromages base incontournable des tartiflette, croziflette et autres plats en ette que vous avez engloutis, il faut dire que vous comptiez un peu sur la thermogénèse. La thermoquoi ?! La ther-mo-gé-nèse. Le truc qui nous permet de nous empiffrer de sauciflard et de fromage au déjeuner, à l'apéro et au dîner voire au 4h et au petit dej pour les plus accro. Sous prétexte du froid et de l'exercice musculaire l'organisme élimine tout ce qu'il ingurgite pour se réchauffer sans faire de provision pour les jours maigres. Magique ! Nous retenons dans la leçon les deux facteurs importants de l'équation : l'exercice musculaire ET le froid. En même temps, ça dépend à partir de quelle température on considère qu'il fait froid... Nan parce qu'avec 35°C au soleil en terrasse d'altitude, on est limite quand même, nan ? Dans le doute, vous avez eu l'idée de tronquer les patates dans la tambouille d'un soir par des choux fleurs. C'est beaucoup moins calorifique ! Mais si ! Tiens, regarde :
Pour 6 personnes :
1 choux fleur
1 reblochon fermier
6 tranches épaisses de jambon de pays
1 verre d'apremont
2 verres d'eau
beurre, farine, sel, poivre
petit 1 - Séparer les fleurs du choux et les cuire 8 à 10 minutes au cuit-vapeur. Avec ce temps de cuisson, elles restent croquantes comme je l'aime. Si ce n'est pas le cas pour tout le monde, laissez cuire plus longtemps ;)
petit 2 - Détailler le jambon en larges lanières et couper le reblochon en deux. Détailler un quart d'une des deux moitiés en dés et réserver.
petit 3 - Préparer une béchamel en la montant au vin blanc et à l'eau. Ici, j'ai utilisé de l'apremont puisque nous étions dans les alpes et que nous avions toujours une bouteille d'entamée mais un autre vin blanc peut très bien faire l'affaire. Hors du feu, ajouter les dés de reblochon et bien mélanger jusqu'à ce qu'ils soient complètement fondus.
petit 4 - Préchauffer le four à 180°C. Beurrer un plat à gratin et y déposer les choux fleurs. Ajouter les lanières de jambon et verser la béchamel dessus. Recouvrir du fromage restant, croûte à l'extérieur.
petit 5 - Enfourner 10 minutes et passer ensuite 5 minutes sous le grill.
En attendant, depuis lundi, vous êtes en sevrage du fameux fromage. Et de dire que vous avez un paquet solitaire de crozets dans un placard...









