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La Bretagne regorge de contes et de légendes. C'est bien connu. Les lutins, les gobelins, les korrigans, les farfadets tout le monde les connaît. Non ? Mais qui a déjà entendu parler des Krapados ? Des quoi ? questionne le lectorat. Ah ! Vous voyez !

Les Krapados donc sont des petits êtres vivant dans le marais de la grande Brière mottière. Forme évoluée du crapaud, il vit en communauté comme les Schtroumpfs et se balade sur le dos des ragondins, "pas plus haut qu'un trognon de chou et vert tout pareil, à l'odeur fade de racine d'iris, de jus de nénuphar et de tourbe. Sa tête repose, sans cou, directement sur les épaules. Deux yeux globuleux au regard malin mangent son visage barré par une large bouche sous un nez plat" (description de Gerard Guillet sortie de son livre Contes et Légendes de Brière).Tout comme ses copains au bonnet blanc, il se démarque d'un autre congénère par un trait de caractère, un dont artistique ou par tout autre attrait de sa personnalité. Nous avons donc le Krapados magicien, le Krapados musicien, le Krapados conteur, etc. Aussi, leur existence date de la nuit des temps que rapporte la légende qui suit :

Il y a très longtemps, dans la forêt de Morta, vivait la princesse Brière. Son armée constituée de Krapados veillait à son bonheur jusqu'au jour où une horde de barbares entreprit d'envahir son domaine. Les Krapados résistèrent, repoussant leurs assaillants. Ces derniers décidèrent alors d'anéantir la forêt par le feu. L'incendie se propagea au plus profond de celle-ci. De désespoir, la princesse se mit à pleurer pendant des jours et des jours et petit à petit ses larmes inondèrent la forêt, la transformant à jamais en un immense marais. Son chagrin en fut si grand qu'à bout de force, son coeur, de battre s'est arrêté et elle disparut en une pluie d'étoiles qui, certains soirs, scintillent au fond du marais. Depuis, une rumeur dit que chaque arbre qui pousse dans le marais est un homme surpris la nuit par les Krapados qui surveillent inlassablement leur territoire avec l'espoir de retrouver leur princesse et leur forêt. Mais ils ne veilleraient pas que sur le marais à ce qu'il paraît... De trésor également il est question, au lieu dit de Nizhery entre Kerbourg et Lorieux, renfermant plusieurs grottes incrustées de diamants, remplies de fruits rares et juteux, de fleurs, de pièces d'or et d'argent et que sais-je encore de plus merveilleux. Seulement voilà, seuls les coeurs purs et désintéressés peuvent y entrer sous certaines conditions comme de ne respirer plus de sept fois  sous peine d'y rester enfermer. Ceci expliquerait peut-être cela : la disparition de certains touristes. Moi j'dis ça, j'dis rien... Des histoires, il y en a plein. Plus fantastiques les unes que les autres que Gérard Guillet s'attèle à traduire. Oui, parce que la langue des Krapados est un poil compliquée, plus proche des hiéroglyphes que des lettres romaines. Constituée de demi ronds, de points, de traits et de croix, elle s'écrit à l'aide de deux roseaux chacun taillés à leurs extrémités. Le travail étant très fastidieux, seule l'histoire de Mandine n'est disponible pour le moment sous forme de BD illustrée par le talentueux Jean-Claude Chiarriello.

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