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Hier après-midi, enroulée dans un plaid sur le canapé, le chat en guise de bouillotte sur les pieds et une tisane de thym au miel à portée de main, je me suis évadée en Israël grâce au Poète de Gaza, livre de Yishaï Sarid. L'atmosphère étouffante bourrée de mélancolie, de rancoeur, de colère, de mal être est tellement bien décrite que l'auteur m'a embarquée avec lui là-bas. Je revoyais cette terre aride qui ne laisse pousser que quelques touffes d'herbes ici et là histoire de faire jolie sur les photos des touristes assoiffés d'Histoire. Enfin je me revoyais, je me revoyais. Oui et non puisqu'Israël je l'ai vu de loin. Je l'ai vu de l'autre côté de la frontière. Le long de la route des rois. Celle qui longe le Jourdain et la mer morte, qui vous mène de Amman à Aquaba. En Jordanie.

25 mai 2004

Voilà 2 heures que vous avez quittés Jérash pour rejoindre Pétra par la route des rois. Cette route au nom poétique (qui viendrait de Moïse comme quoi il aurait demander l'autorisation aux rois des Edomites de traverser le coin pour rentrer en terre promise) (à moins que ça vienne du fait que la reine de Saba aurait emprunté cette voie cavalière pour ralier Damas au Yémen) l'est beaucoup moins dans les faits avec ses barrages militaires tous les quarante kilomètres, à la grosse. Toujours le même rituel : qui êtes vous, qu'est-ce que vous faites là, travail ou loisir, contrôle d'identité, ouverture du coffre tout ça sous l'oeil inquisiteur et dissuasif des kalachnikov. Ces désagréments de sécurité territoriale sont vite oubliés par la beauté des paysages. Les siq (canions version moyen-orient) de la vallée du Jourdain sont des préambules de ce qui vous attend sur les bords de la mer morte. Bon, OK, il faut faire abstraction des structures bétonnées longeant les plages aménagées. Vite changés, vite à l'eau. Cliché : s'assoir dans l'eau et dévorer son bouquin sans devoir palmer pour rester à la surface. Bien entendu c'est LE premier truc que vous avez testé... Bonheur. Bon, après, il faut se remettre en position verticale sans mouiller le dit bouquin et ce n'est pas évident quand on ne peut pas s'enfoncer dans l'eau. Un comble ! Tiens, c'est comme nager le crawl. Macache. Parce que un, vous ne pouvez pas mettre la tête dans l'eau rapport au sel qui vous nique les yeux ; et deux, même si vous arrivez à faire babord tribord sans mettre le bout du nez dans l'eau, les éclaboussures ne les louperont pas, elles, vos yeux. Ah ! Et puis, avant de sortir se rincer, essayez d'attraper l'argile sous vos pieds et vous badigeonnez généreusement avec. OK, vous ressemblez à un goret mais c'est tellement agréable ;) Une douche plus tard, vous voilà à nouveau sur la route, longeant cette mer hors du commun qui se voit en danger. Et oui, la bande blanche sur les parois rocheuses qui ne cesse de s'élargir témoigne de la baisse régulière du niveau de l'eau.

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