2013_10_13aCrédit photo Les fouteurs de joie

A chaque ouverture de saison culturelle du bled, c'est la même chose. Pour le premier spectacle, c'est quitte ou double. Fred Radix, qui avait essuyé les plâtres l'an dernier, en était bien conscient puisqu'il vous avait ironiquement fait remarquer que si vous aviez eu le choix, bon nombre d'entre vous n'auriez pas eu le postérieur calé dans un fauteuil en face de lui. Et il n'avait pas tord. Cependant, il arrive aussi que ce premier spectacle se révèle être une agréable surprise. Ce fut le cas cette année avec les fouteurs de joie.

Les fouteurs de joie portent bien leur nom. Face à leurs facéties, leurs chansons percutantes, leurs interactions avec le public, leur talent de show man et ce côté populaire renforcé par une déco de scène digne des fêtes de village, vous ne pouvez faire autrement que de sourire, de battre la mesure et taper dans vos mains. Bref ! Les fouteurs de joie ont la bonne humeur communicative. Jamais entendu parler ? Normal, ils ne passent pas à la télé... Et quand bien même ils y passeraient combien de chance de passer dans le Grand Journal, Taratata ou C dans l'air ? Ah oui, il reste bien Vivement dimanche prochain ou bien Le grand cabaret mais autant ne pas y passer du tout, non ? Donc, comme ils le précisent, seul le bouche à oreille peut leur permettre de faire salle comble. Et ils le valent bien car ils ne boudent pas leur talent pour foutre de l'ambiance. Voyez plutôt : histoire de rompre la glace entre un public contraint (plus ou moins) et leurs bouffonneries au plus vite, ils se plantent assez rapidement devant l'assemblée gentiment assise et latente. Ils vous expliquent vite fait qu'ils ont besoin de votre participation car, comme vous l'aurez remarqué, faire une chorégraphie avec les mains, pour eux, c'est assez compliqué puisque l'un les a occupées par les boutons de son accordéon, l'autre par les cordes et l'archet de sa contre-basse etc. voyez l'idée. Bref, ils ont besoin de vous public. Oh que celui-ci ne s'inquiète pas, il suffit qu'au refrain il fasse un bras d'honneur. Rien de bien compliqué en-soi. On essaie histoire de voir ce que ça donne ? Allez, on essaie. ♪ Oh mon patron, oh mon amour, oh mon patron, malgré tout je t'aimerais toujours ! ♫♪ Et LA, on fait le bras d'honneur. La salle commence à pouffer. Qui n'a jamais rêvé d'en faire autant dans une salle de réunion plutôt que dans une salle de spectacle. C'est assez rigolo, non ? Vu que tout est en place, le vrai spectacle peut commencer avec le public en Clodettes.

Mon patron veut faire plaisir à ses actionnaires.
Mon patron veut faire baisser la base des salaires
On va moins payer les femmes.
Embaucher des gosses au Népal
On va doubler les stagiaires et les vacataires
On va doubler les stagiaire, les intérimaires.
Oh mon patron, oh mon amour.
Oh mon patron, malgré tout je t'aimerais toujours ! ♫♪

Et la salle de se lâcher et d'exploser de rire, de frapper dans ses mains pour les accompagner, faire des bras d'honneur en rythme et avec enthousiasme. L'ambiance est lancée, le spectacle assuré ! Y a pas à dire, c'est bien un bonne bande de fouteurs de joie !