Hier soir, s'entassaient plus de 6500 nostalgiques sur une pelouse habituellement foulée par des sabots en lieu et place des chaussures compensées surmontées de jeans rose Barbie ou vert poubelle ou bleu caraïbes. Comme quoi, il n'y a pas que ♪ Boys boys boys ♫♪ qui soit revenu à la mode... ! C'était pas obligé, hein !? Bref ! Hier soir j'étais au concert de Stars 80, la tournée.

Devant moi, un carré blond entretenu, petit foulard autour du cou dissimulant à peine la quincaillerie 18 carats de la propriétaire de tout ça. Pleine de préjugée j'avais du mal à m'imaginer cette quinqua embourgeoisée s'exciter sur tous ces tubes qui ont jalonné mon enfance et adolescence. De fait, Patrick Hernandez a beau s'époumonné en gesticulant avec sa canne dans tous les sens, Born to be alive la laisse de glace. Laroche Valmont n'a pas plus de succès avec son look qui lui colle à la peau. Pourtant, contre toute attente, lorsque monte ♪ j'ai bien faillie être un corsaire, un naufragé rejeté par la mer ♫♪ je la voie mettre son poing contre sa bouche, émue. Ben voià ! Tu sais que tu es plus humaine quand tu lâches prise. Allez, laisse toi aller manman. Jean-Luc est là rien que pour toi et te rappelle combien il t'aime, que t'es comme un soleil qui brille dans ses nuits. Ouh ! Elle est amoureus-e. C'est vrai qu'à cette époque Dorothée tournait plus dans mon mange disque que Femme que j'aime. Néanmoins, je me laisse glisser tout doucement vers ce retour en arrière sur dix ans de musique synthétique vous renvoyant des fash back en pleine tronche.

♪ Disparue-ue ! Tu as dis-parue.
Disparue-ue ! Tu as dis-parue.
Au coin de ta rue. Je t'ai, jamais revue... ♫♪
que vous chantiez à tue tête avec votre BFF de l'époque dans la rue désertée de la mairie du bled après vingt heures. Il faut dire que vous étiez grisée par la victoire de votre équipe de sport quelques heures plus tôt à laquelle vous n'étiez pas étrangères.

♪ Power of love is a curious thing.
Make a one man weep, make a another man sing.
Change a hawk to a little white dove,
more than a feeling, that's the power of love ♫♪
a sauvé la mise de plus d'une des élèves de ce prof de musique que toutes les filles du collège aurait aimé avoir. Les timides, les complexées, les nulles, les ringardes, les moquées, les tout ce que vous voulez lui vouaient un véritable culte puisqu'il collait toute la classe devant Retour vers le futur, alors qu'il s'isolait un peu plus loin avec l'élève à auditionner pour l'entendre massacrer, entre autre, le beau danube bleu à la flûte à bec lui évitant l'humiliation devant les autres...

♪ Ils m'entrainent au bout de la nuit, les démons de minuit.
M'entraînent jusqu'à l'insomnie, les fantômes de l'ennuie. ♫♪
voyaient se trémousser des ados surexcités pour leur première boum. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! gloussaient les filles. Han han HAN, croassaient les voix muantes des mecs. Le tout, sous les regards amusés des profs transformés en chaperon le temps d'un après midi de fin d'année scolaire.

♪ Seul sur le sable, les yeux dans l'eau, mon rêve était trop beau
L'été qui s'achève, tu partiras à cent mille lieux de moi
Comment oublié ton sourire,
tellement de souvenirs ♫♪
Ah oui... tellement de souvenirs. Comme ce voyage scolaire sur une île bretonne où quatre filles dans le vent en bermuda en jean savamment déchiré et palmier agrémenté d'un chouchou fluo sur le haut du crâne se sont mises à suivre un surfer dans les rues du Palais.

♪ Pourquoi je vis, pourquoi je meurs, pourquoi je ris, pourquoi je pleure
Voici le S.O.S., d'un terrien en détresse
J'ai jamais eu les pieds sur Terre
J'aim'rais mieux être un oiseau
J'suis mal dans ma peau. ♫♪
Pourquoi je pleure... Facile ! Pour cet enflure qui m'avait brisé le coeur. Oui, a quinze ans on croit dur comme fer que son premier flirt est l'homme de sa vie.

 ♪ Mais 3 nuits par semaine
c'est sa peau contre ma peau
et je suis avec elle
et 3 nuits par semaine mais bon dieu, qu'elle est belle ♫♪
Houuuuuuuuuuuuuu ! Tube des pistes de discothèque. Celle prisée par les élèves de mon lycée n'y a pas échappé ! Et qu'on saute dans tous les sens. Et qu'on hurle le refrain. Et qu'on secoue la tête en rythme tout en courant sur place. Hey ! t'étais pas au courant que ce n'était pas un cours de cardio ?! Tssss

Et encore Nuit de folie, L'aventurier, Macumba, C'est la ouate, Quand la musique est bonne, C'est l'amour, L'encre de tes yeux, Confidence pour confidence... Oui tiens, confidence pour confidence, c'est que vingt-cinq ans voire trente ans plus tard, je me souviens des paroles comme si c'était hier, moi qui suis incapable de réciter ne serait-ce qu'un alexandrin des poèmes appris pendant cette période. J'entends d'ici ma regrettée grand-mère grommeler : tu connais ça bien mieux que tes prières. Et elle n'aurait pas tord... !

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