de John Wells

Violet Weston est atteinte d'un cancer de la bouche. Shootée à longueur de journée pour supporter ses douleurs, elle en subit les conséquences et fait endurer un enfer à son mari Beverly qui, lui, se réfugie dans le whisky pour oublier ; jusqu'au jour où il décide de disparaître de ce monde et d'en finir à jamais avec cette vie insupportable. Barbara, Ivy et Karen, ses filles, se retrouvent dans la maison familiale pour faire leurs adieux à leur père, entourer leur mère et par la même sortir les fantômes du placard.

2014_03_18

Version cinématographique d'une pièce de théâtre, cette adaptation est tournée en huis clos. Qui dit huis clos, dit longueur. C'est fatal (animal). Mais le jeu de Meryl Streep est à couper le souffle. Cette femme est admirable, détestable, belle et horrible à la demande. Je n'ai pas vu le film défendu par Kate Blanchett mais si celle-ci a raflé l'oscar au nez et à la barbe de Meryl c'est que son jeu doit être la perfection même tant le spectacle que son aînée nous offre ici, dans ce rôle difficile, est à la hauteur de son talent. Limite si le spectateur n'a pas envie de se lever et d'applaudir à tout va une fois le générique de fin entamé. Je sais, c'est idiot d'applaudir un écran noir... Ceci dit, Julia Roberts ne laisse pas son tour non plus face à ce monstre sacré du cinéma américain. Seules ses moues d'agacement sont communicatives. Etait-il nécessaire de nous les infliger en gros plan ? Je demande. Autant elle a su garder son sex appeal, autant côté buccal, ça ne s'arrange pas avec le temps... Ce détail précisé, les autres acteurs servent remarquablement bien le film permettant de relancer la machine à chaque fois que ces fameuses longueurs s'installent. Les intrigues ne sont pourtant pas nouvelles et sans rappeler un certain François Ozon avec ses "8 femmes". Rien de bien nouveau ni de révolutionnaire donc mais le duel Streep / Roberts suffit à lui seul pour déplacer les foules dans les salles obscures. Après, c'est vous qui voyez !