de Laurence Cossé

Edith se laisse convaincre par sa concierge d'employer sa mère, Fadila d'origine marocaine, sans beaucoup de ressources pour une poignée d'heures de repassage par semaine. Travaillant à domicile, elle a tout le loisir d'échanger avec son employée et de se rendre compte de son analphabétisation. Boostée par son expérience d'instit. improvisée pour son fils qui a compris les maniements de la lecture en quelques semaines, elle se lance le défit d'apprende à lire à Fadila. Commence pour elles deux un long apprentissage.

Qu'on se mette d'accord, pour l'action, on repassera. Ce livre est plat, archi-plat. Revoir le B a Ba rabâché au cours préparatoire en long, en large et en travers et ce, tout au long du bouquin parce que l'apprentie capte que pouic, comment vous dire ? Oh, la pauvre Edith, qui réalise assez rapidement dans quel bourbier elle s'est fourrée, a bien tenté, aussi, la méthode globale hein, mais bon, quand ça ne veut pas rentrer, ça ne veut pas rentrer... A moins qu'elle ne fasse aucun effort la Fadila ?... Perso, il y a longtemps que j'aurai jeté l'éponge ! Ce qui met d'autant plus en relief et rend hommage à toutes ces personnes qui donnent de leur temps pour les autres... activité qui est très loin d'être une sinécure. Bref, on l'aura compris, ce n'est donc pas le fil conducteur du livre qui fait que le lecteur a envie d'aller jusqu'au bout. L'analphabétisation, quotidien de nombreux étrangers, n'est que prétexte pour l'auteur pour nous dérouler les soixante ans de vie de cette marocaine écorchée vive. D'abord renfermée et renfrognée, Fadila, mise en confiance s'ouvre à son "professeur". Le lecteur prend alors en pleine face le décalage entre les deux cultures qui n'est pas anodin dans la difficulté de s'intégrer. Bien que non autobiographique, l'auteur a réussi à raconter une histoire criante de réalisme. Rien que pour ça, ses amandes amères valent le coup d'aller jusqu'au bout de leur lecture.