de Luca Guanagnino 

La vie d'Emma Recchi, femme d'un riche industriel milanais, peut se résumer à son rôle de femme parfaite, de maîtresse de maison parfaite et de mère parfaite. Les rouages de la quiétude de son univers si bien huilés se grippent le jour où un virtuose de la cuisine, un ami de son fils aîné lui est présenté.

Film d'art et d'essai, Io sono l'amore, bien que simple, traite de sujets complexes dans une Italie figée dans les traditions et le machisme soit, un monde révolu. L'homosexualité, la mondialisation, le besoin d'amour sont traités sans fioritures, sans enrobages mais avec esthétisme, luxe et beaucoup de lenteur à l'image du vide de la vie de cette bourgeoise italienne. Vide traduit par un sourire plaqué, une expression de visage douce et glacée routinière en première partie de film. Intermède de 30 secondes où la passion et la sensualité s'installent lorsqu'Emma déguste une gambas sur lit de petits légumes traduit par un orgasme culinaire  à chaque bouchée. Dommage qu'elle n'en mange qu'une de gambas... car la platitude prend le relais avec les mêmes sourires et une expression incrédule en plus. Si la bande annonce est appétissante, la manière de filmer donne la nausée (le changement de direction brusque de la caméra sans cesser de tourner peut rapidement donner le mal de mer...) et que dire du choix musical si ce n'est qu'il ne sert que de musique d'ambiance qu'il contribue à plomber. Dommage, pour un 5 étoiles, la spectatrice n'a pas su apprécier la carte. Snobisme ? Peut-être... Reste à connaître l'opinion d'un compatriote du signore Ganagnino !

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