de Stephen Daldry

1958, Berlin ouest. Michael Berg, un jeune lycéen, rencontre une femme de 20 ans son aînée : Hanna Schmitz. Rapidement, ils deviennent amants et entament une liaison secrète et passionnelle. Durant des mois, celle-ci s'articule autour d'un rituel quotidien rigoureux : il lui fait la lecture, elle l'initie aux jeux de l'amour jusqu'au jour où cette femme énigmatique et imprévisible disparaît aussi brutalement de sa vie qu'elle y est entrée. Il lui faudra attendre 8 années pour que le voile se lève sur le mystère Hanna lors d'un procès de criminels de guerre auquel Michael participe en tant qu'étudiant en droit.

Emouvant. Ce film est émouvant malgré un sujet difficile. Bien que l'histoire ait du mal à démarrer, le spectateur se place vite dans la position de Michael en attente de comprendre pourquoi tant de silence, de non-dit, d'actes de barbarie. Tout comme lui, il se désole face à la bêtise humaine. Bêtise engendrée ici par l'ignorance comme dans la plupart des cas d'ailleurs... L'ignorance menant aux situations que l'on connaît. Situations d'hier comme d'aujourd'hui. Tout comme lui, son esprit est tiraillé entre ses sentiments et la morale. Les voix de la morale le pousse à se taire, celles des sentiments à écouter son cœur, le tout face à une femme retranchée, laissant transpirer aucunes émotions, se murant dans sa bêtise remarquablement interprétée par une Kate Winslet incroyablement belle de froideur. Ses partenaires n'ont, quant à eux, rien à lui envier. Le jeune David Kross et Ralph Fiennes endossent tour à tour le personnage de Michael, illustrant justement les marques indélébiles que la rencontre d'une telle femme laissent sur son passage.