Les beaux jours arrivent. Si si ! Vous en voulez pour preuve les jonquilles, crocus et autres jacinthes qui pointent le bout de leur nez. Votre gazon non anglais tente également une poussée d'hormones mal dosée largement envahit par un carré de trèfle. Fait ennuyeux, vous l'accordez. D'autant plus que vous n'avez aucun herbivore sous la main à qui vous pourriez refourguer cette denrée tant affectionnée.

Mandine n'est plus là pour profiter de ce mets délicat pour lapin. Oui, bon. Avant le chat catastrophe, vous aviez eu une lapine obèse... Enfin vous personnellement nan, mais votre mère, oui. Du coup, vous vous êtes vu affublée du foutu lapin à garder pendant les vacances. Certains ont un schmurt's en garde, d'autres un lapin. Chacun sa croix ma pauv' Lucette. Ooooh un gentil petit lapinou ! s'attendrit le lectorat. Gentil, par le Robert méthodique : qui plaît par la grâce familière de ses formes, de son allure, de ses manières. Alors, si un lapin souffrant de surcharge pondérale, arborant fièrement un triple menton, tapant du pied et grognant dès que vous osez passer une main dans son clapier peut être catapulté au rang de gentil petit lapinou, vous voulez bien être... Euh ? Bien être quoi d'ailleurs ??? Et puis on s'en fout. Nan ?

Revenons à votre râble aux deux moutardes. Bon. Entendons-nous bien. Mandine ne fait pas partie de cette classe socioculturelle de lapin long comme votre main, aux belles oreilles à peine aussi grandes que votre majeur et aussi rachitique qu'un chihuahua trempé. Nan. Ca, c'est la description de El Pouloulle, le lapin nain d'un de vos collègues. Nan nan, nan, nan nan. Mandine, elle, est un lapin dit de garenne. Genre classe socio. à terminer son existence au fond d'une casserole, à mijoter à petit feu à l'état de civet... Votre père en avait l'eau à la bouche. Votre mère refusant tout net d'en faire le plat principal dominical. Dans un premier temps, à défaut de remplir les assiettes, il va sans dire qu'elle a su pimenter les discussions du couple parental. Vous ? Vous l'imaginiez tout à fait en tranches épaisses étalées sur du pain de campagne. Vous ne l'avez d'ailleurs jamais autant appréciée qu'en son état de pâté ! Que dire de plus sinon que vous en salivez encore... Miam slurp !

Avec tout ce tintouin, le drame familial, frôlé vous avez ! Bravo hein ! Merci bien le lapin !!! Désormais les grandes oreilles sont proscrites dans la maisonée. Le vide du compagnon a quatre pattes fut comblé par un chaton. Et là, vous devez saluer votre exceptionnel sens des affaires. N'ayons pas peur des mots. Parce que non seulement vous vous êtes régalée d'une terrine du chef maison mais en plus, vous avez réussi à refourguer le chat catastrophe ! Et voilà le travail !!! Eh, eh, eh... !