de Goce Smilevski

2015_02_221938, l'Allemagne nazie est sur le point d'envahir l'Autriche, Vienne où vivent Sigmud Freud et sa famille. Ces rumeurs d'atrocités contre les juifs, le père de la psychanalyse n'y croit pas. Sur l'insistance de ses amis anglais, il finit par faire ses bagages et se mettre à l'abri en Grande-Bretagne avec 20 personnes de son choix. Outre sa femme et ses enfants, il note sur sa liste son chien, ses infirmières et son médecin mais pas ses quatre soeurs. C'est inutile, ça va passer. L'Histoire lui donnera tord. Elles furent déportées et gazées à Terezin, en République Tchèque.

Ce résumé parle du premier chapitre du livre de Goce Smilevski, soit un dixième de l'ensemble. Comme souvent, la traduction française du titre est pourrie. Le tire original est  : les soeurs de Freud. Et là, le lecteur n'est pas trompé sur la marchandise car c'est bien de cela dont traite l'auteur. C'est à Adolphine, la soeur chouchoute de Freud à qui l'auteur laisse la parole. Elle raconte donc leur enfance, leur adolescence, comment Sigmud est devenu Freud, son mal-être et sa condition de femme. Au fur et à mesure de ses confidences, le lecteur voit se dessiner un Freud égoïste, distant, froid, stoïque, ce qui permet de comprendre pourquoi il a préféré mettre des inconnus sur sa liste plutôt que des membres de sa famille. Dans toutes ces révélations, il faut sûrement faire le tri car ce n'est pas une biographie mais un roman historique. Comment faire la part de vrai ? Je ne sais pas. En tout cas, celui qui a révolutionné la psychanalyse en expliquant tous les troubles par une frustration sexuelle n'était pas tout à fait net lui-même... Cette lecture m'a laissé mi-figue mi-raisin. Je n'étais déjà pas copine avec le bonhomme mais le portrait odieux que sa soeur en fait ne nous réconciliera certainement pas !