2014_10_12
Crédit photo : Le théâtre, scène nationale de Saint-Nazaire

La nouvelle saison culturelle du bled a démarré vendredi sur les chapeaux de roue avec un spectacle tiré de Richard III de Shakespeare. Shakespeare, à la base, voilà quoi. Encore un auteur où il faut avoir fait une thèse sur douze années pour comprendre l'univers en fonction de la situation géopolitique de l'époque et l'âge du capitaine. Enfin ça c'est ce que je pensais avant que je vois Le songe d'une nuit d'été passé entre les mains de la compagnie unijambiste et l'ingénuosité artistique de David Gauchard sublimée par la musique de Robert le Magnifique. J'ai été em-bal-lée. Alors Roses, pièce d'ouverture 2014-2015, pensez-vous, j'y suis allée tête baissée. J'aurais peut-être pas dû...

Pourtant ça a commencé fort. Le rythme est donné dès le début avec une modernité évidente, une volonté de surprendre le spectateur. Ca, c'est réussi. Les acteurs sont drôles, donnent une deuxième jeunesse à cette pièce un peu couverte de toile d'araignée. Ils sont sept. Sept sur scène à se partager les rôles des deux belle-soeurs de Richard dont l'une était reine et l'autre l'est encore, de sa mère, de son pote Georges et d'un prisonnier politique de son frère. Il reste un acteur non pas qu'il n'ait pas de rôle mais plutôt que tous, à part les trois femmes, "tournent"... Même eux s'y perdent puisqu'ils demandent à plusieurs reprises qui fait Richard quand la réplique lui est adressée. Surtout qu'aucun signe extérieur de personnage n'est apposé. Bon, Ok, c'est dans la mise en scène imaginée par Nathalie Béasse mais ce n'est pas fait pour aidé la pauvre bougresse assise dans le noir à essayer de raccrocher les wagons. Surtout quand elle ne connaît pas la pièce originale... Dommage car cette mise en scène, justement, est vraiment très très réussie, mélangeant quelques brides de textes dans leur langue maternelle (avec traduction, Dieu merci, parce que le vieux anglais c'est un peu comme le vieux français ça va bien cinq minutes et on n'y comprend rien) et décors et costumes d'aujourd'hui. Je ne pense pas que cette pièce prête à rire et à sourire à la base mais cette version est assez poilante ce qui permet à la bougresse de s'amuser, elle aussi, même si elle ne comprend pas tout ! Un très bon spectacle donc, qui doit être encore plus apprécié si le Richard III de Shakespeare ne se résume pas qu'à un titre sans en connaître le contenu.