La Baule. Qui ne connaît pas La Baule et sa baie qu'on dit la plus belle d'Europe ? La chaîne Barrière avec ses trois hôtels et son casino, l'allée cavalière, la confiserie Manuel et ses célèbres niniches, la plage Benoît, la brasserie La Villa, l'avenue Lajarrige, le théâtre de verdure des Dryades, son concours d'élégance en automobile, ses boutiques haute couture, son remblaie, son marathon et son pardon. La liste peut être encore longue. Mais quand on regarde bien, tous ces hauts lieux connus de La Baule ne sont qu'un quartier de cette célèbre commune : La Baule les pins (porté d'ailleurs au cinéma dans un film éponyme avec Nathalie Baye et 15 août avec Richard Berry). Mais qui connaît Escoublac ? Son église, sa forêt et son parcours de santé, son aérodrome. Et pourtant si La Baule est ce qu'elle est c'est bien à partir de ce petit bourg qui a eu énormément de mal à survivre. Foutue dune qu'il a fallu contenir C'est ce que nous explique Gaël Archimbeau, passionné d'Histoire, auteur et scénariste de cette saga sous forme de BD de deux tomes Et si La Baule-Escoublac m'était dessinée dont le premier vient de sortir. Le deuxième étant prévu pour la fin de l'année prochaine. Quelle bonne idée de retracer l'histoire incongrue de ce petit coin de Bretagne (oui Bretagne. En 1751, La Loire Inférieure était bretonne) qui plus est sur ce support. Il devient beaucoup plus attrayant pour le lecteur qu'il soit "du coin" où pas. On y apprend que la fameuse plage Benoît tient son nom de deux frères propriétaires de cette bande de sable, que Lajarrige n'est pas qu'une avenue et qu'elle porte le nom de son créateur. La deuxième particularité de cette série réside dans l'illustration des planches qui se regroupent par quatre sur sept chapitres retraçant les grandes lignes de la construction de La Baule-Escoublac. Chaque chapitre a été dessiné par un illustrateur différent : jeune ou plus vieux, femme ou homme, adulte ou enfant, professionnel ou amateur. Chacun y est allé de sa sensibilité ce qui rend ces vignettes plus touchantes avec leurs imperfections (on devine les lignes tracées au crayon à papier histoire d'écrire doit ou on reconnaît le style des enfants trahis par les grands carreaux de leur cahier ^^) et leur style propre (numérique, huile, noir et blanc, crayons de couleur...). Sous un aspect artisanal, Gaël Archimbeau nous offre un très beau livre de qualité qui trouvera sa place entre les Astérix et les Soeur Marie-Thérèse des Batignolles. A moins que ce ne soit entre Tintin et Lanfeust de Troy... C'est vous qui voyez !

2014_07_09