de Christophe Offenstein

Yann Kermadec remplace au pied levé son ami Franck Devril à la barre du voilier DCNS pour la course du Vendée Globe. Le tour du monde à la voile en solitaire, un rêve de gamin pour tous les voileux qui se trouve brisé lorsque le skipper découvre un jeune clandestin caché dans la cabine.

2013_11_16

Qu'on ne s'y trompe pas. En solitaire n'est pas le film d'une course de voile. Non. En solitaire est une histoire humaine entre un homme privilégié qui vit son rêve et un jeune homme qui l'est beaucoup moins et qui saisit la balle au bond pour pouvoir vivre le sien. Bien sûr la grande majorité de l'histoire se déroule en pleine mer. Bien sûr le réalisateur dévoile une partie de l'univers de ces navigateurs en pleine action souvent stratégique face à l'élément, la météo et les imprévues. Là, comme imprévue et pour ne pas faire de son film un documentaire pour Thalassa, Christophe Offenstein a choisi l'embarquement d'un jeune clandestin. Ce qui est tout de même plus passionnant que les défaillances électroniques de tout le matériel de navigation. Ici, le coeur parle. Des choix humains sont en jeu. Même si le scénario n'est pas d'une richesse extraordinaire, il met à l'épreuve la nature humaine dans un environnement plus ou moins hostile. Ce qui n'est pas pire que de regarder des compatriotes bouffer des fourmis sur une île en grignotant des chips, bien que je ne sais pas de quoi je parle puisque je n'ai jamais regardé Koh Lanta (je ne vois pas l'intérêt du concept, à part prendre des parts de marché). Bref ! Une jolie histoire bien ficelée et remarquablement portée par ses acteurs. François Cluzet reste égal à lui-même et nous sert un putain de meeeeeeeeeerde aussi attendu que les pirates dans les albums d'Astérix. Guillaume Canet, son pote et complice de cinéma, l'accompagne avec justesse agrémentant le film d'une pointe d'humour avec ses répliques pas piquées des vers, tout comme Virgine Effira qui n'est pas en reste en étant tout à fait crédible dans son rôle de compagne de marin. Je ne peux terminer ce billet sans tirer mon chapeau à l'équipe technique qui a fait des prouesses de tournage dans des conditions de mer loin d'être faciles. Tout ceux qui ont mis le pied, voire les deux, sur un voilier ou tout autre navire par grosse mer pourraient en témoigner...