de Moacyr Scliar

Dans le jardin brésilien d'émigrés juifs trotte un jeune garçon : Guédali. Oui, trotte, car Guédali n'est pas un jeune garçon comme les autres. Guédali a deux bras, un torse, une tête. Mais Guédali a aussi quatre pattes, quatre sabots et une queue de cheval. En un mot comme en cent, Guédali est un centaure. Si l'amour de sa famille et leur bienveillance le préservent des curieux et des quolibets durant sa tendre enfance, sa différence ne lui en pèse pas moins lorsque l'âge adulte arrive.

Stock zéro. - Désolé, nous sommes en rupture de stock. - Il n'y en a plus ! - Pas de stock et pas de commande possible. Telles sont les réponses reçues à la requête de l'opus. Ce n'est que sur les étagères d'une petite librairie que le Graal, qu'est devenu la quête de ce bouquin, est devenu mien. Vu le mal que j'ai eu pour faire son acquisition, autant dire que j'en attendais beaucoup... ! Et il a su être à la hauteur de ses promesses. Le centaure dans le jardin est un mélange de mythe, de rêve, de poésie qui charme au fil des pages. On retrouve un peu la magie d'Harry Potter à travers la plume de Moacyr Cliar tant elle est claire et fluide décrivant une créature qui n'existe que dans l'Olympe des dieux d'Homère ou la forêt interdite de J.K. Rowling. Si le premier est un peu fastidieux à lire et le second destiné à un public dit jeunesse, celui-ci mettra toutes les générations d'accord car l'auteur aborde aussi bien les phénomènes de société que les questionnements de soi sur fond de mythologie. En choisissant de les mettre en scène sous forme de conte moderne, il facilite son accessibilité et sa compréhension mais n'entame en rien sa qualité. Et le lecteur se laisse prendre au jeu. Moacyr Scliar magicien ? Peut-être bien.

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