par les Etoiles de l'opéra de Kazan

Du temps où vous étiez encore une douce et jeune rêveuse de 17 ans, vous aviez a-do-ré l'œuvre d'Alexandre Dumas fils : La dame aux camélias. Alors, lorsque vous avez remarqué à l'affiche du palais des congrès, l'annonce des héroïnes de vos années fleur bleue, vous vous êtes empressée de prendre des billets. Pensez-donc ! L'indécrottable romantique que vous êtes. Sauf que.

Sauf que, dans votre euphorie, vous n'êtes pas allée au delà du titre... C'est une fois bien calée dans votre fauteuil et le lourd rideau de velours rouge relevé que vous avez commencé à douter. Et quand retentit la musique de Chopin pour ne plus se taire, vous vous rendez à l'évidence. Ce n'est nullement à une représentation théâtrale que vous vous apprêtez à assister mais à un ballet.... Enfer et damnation ! Vous n'avez jamais rien compris à la danse qu'elle soit classique ou moderne. Ooooh malheur !

Sur scène, une pierre tombale. En arrière plan, un magnifique paysage automnal. Se suivent furtivement des couples virevoltants quand entre en scène un beau jeune homme au visage grave et triste. Seul, il traîne sa mélancolie dans une succession de sauts, d'entre-chats (peut-être) et de pirouettes (sûrement). Puis, vous le retrouvez au milieu d'un décor illuminé digne d'une salle de bal de la cour d'Autriche au temps de Sissi, entouré de couples plus beaux les uns que les autres. Ici, une belle vêtue d'une robe de princesse dans les bras d'un officier aux cent galons. Là, une duchesse partageant le menuet d'un élégant. Vous redoutez cependant, à chaque annonce muette de l'arrivée de nouveaux invités, de ne pas reconnaître la reine du spectacle. C'est sans compter sur la beauté des gestes, la grâce des mouvements, l'éclat du visage de l'étoile la représentant. Elle. Marguerite Gautier.

Alors vous avez su. Vous avez su que vous allez réussir à comprendre leur histoire naissante. Vous avez su que vous allez vous laissez emporter par les amours de ce couple d'anthologie  au rythme des arabesques et autres développés. Pour peu qu'on vous demande comment avez-vous trouvé ça ? lorsque le lourd rideau de velours rouge s'abattra pour la dernière fois, vous ne répondiez telle Vivian, la pétillante Pretty Woman, (...) j'en ai fait pipi dans ma culotte (...). Mais vous craignez que, pour rattraper le coup, le français du rital préféré ne soit pas à la hauteur de la répartie de Richard Geere. Vous vous abstiendrez donc bien que cette réplique fleurie traduit tout à fait votre enthousiasme !

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