C'est un feeling, un battement de cœur... Coukong... Coukong... Coukong... qu'il disait le Johnny. Celui de Bébé. Pas celui de Latatia. Alors lorsque le vôtre de cœur s'est mis à battre comme un fou, à faire des coukongcoukongcoukongcoukong triple salto vrillé sans les mains, vous vous êtes bien doutée qu'il ne s'agissait pas vraiment du même battement de cœur... Pourtant, le feeling, il était bien là lui aussi, ce 1er janvier à 4h30 du mat' dans l'ascenseur de l'immeuble parisien !

Engourdie par le froid, vous pénétrez dans l'immeuble en remarquant néanmoins que le jeune vous suivant a profité de votre passe pour y entrer à son tour. Soit, il n'a pas vraiment la gueule de la place mais à cette heure tardive en ce jour de liesse peut-on demander aux yeux de l'individu d'avoir une étincelle d'intelligence et à son sourire d'être autre chose que niais ? Nan. Bonne Année !!! qu'il n'a de cesse de vous souhaiter dans votre dos. C'est ça on lui dira. Une fois dans le dit ascenseur : Bonne année !!! Oui, bon bah c'est bon, on a compris fulminez-vous intérieurement tout en appuyant sur le  bouton du 5ème étage. Bonne année !!! C'est vous où il n'a rien sélectionné du tout ? Bonne année !!! Mais pourquoi vous ne lui avez pas demandé à quel étage il doit aller vous interrogez-vous tout en jouant à give me five flanquée d'un sourire qui se veut rassuré... Bonne année !!! et les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur votre étage. Là, c'est muet comme une carpe qu'il sort de la cabine sur vos pas. Trois enjambées plus tard, vous voilà nez-à-nez avec la porte de l'appartement, les clés en main, les voisins absents et l'abruti du jour sur le palier. Là, vous ne savez pas bien pourquoi mais il vous semble qu'elle ne commence pas si bien que ça cette foutue année...

Le bruit des clés dans la serrure réveille comme espéré le monstre ronflant encore 2 secondes plus tôt derrière la porte. Un vague espoir face aux aboiements intempestifs de la bête vous envahit. Vous déchantez vite fait lorsque vous n'observez aucun mouvement de retraite dans votre dos. C'est à ce moment précis de l'histoire que les coukongcoukongcoukong cités plus haut entrent en jeu car vous avez beau faire un effort d'imagination mais vous voyez mal Alfred se prendre pour le chien de Mary à tout prix (2)... à votre grand désarrois... Effectivement, la porte à peine entrebâillée, la saucisse sur patte est plus préoccupée par le soulagement de voir quelqu'un qui l'emmènera arroser les arbres du quartier que par le gras de jambon du jeune homme dans lequel il pourrait éventuellement planter ses crocs pour vous en débarrasser ! Vous vous engouffrez dans l'appartement aussi vite que vos jambes flageolantes vous le permettent. L'autre est peut-être pas tout à fait net, il n'en reste pas moins rapide. Vous avez beau essayer, vous ne pouvez claquer la porte. Son bras y est engouffré. Vous poussez tant que vous pouvez. La porte grappille quelques millimètres... en votre défaveur. Vous glissez sur le parquet maudissant vos chaussures de fifille à nœud-nœud. La rage au ventre n'y suffit pas (Note pour plus tard : se mettre à la muscu). La porte grappille toujours du terrain. Alfred fait un boucan de tous les diables bien planqué derrière vous... En dernier recours, votre regard accroche celui de votre adversaire. Vous vous jaugez deux secondes évaluant les chances de chacun. Instinctivement, dans un geste du dernier espoir, vous levez votre poing à la hauteur de son nez sans lâcher son regard. C'est alors que vous sentez la porte se dérobée sous vous. Claquée. La porte est claquée. La porte. Oui. La porte est claquée. Claquée. Enfin... Vous pouvez vous laisser choir. Pas bien longtemps puisqu'une langue humide vous rappelle qu'elle est enfermée là depuis 8 heures...

Donc. Bon. Inutile de préciser que la promenade du dit chien n'a pas duré 4 plombes. 10 arrêts arbre plus tard, vous vous empressez de rebrousser chemin à la vue d'un jeune 500 mètres plus loin. Et si vous couriez ? Une tension de la laisse vous fait savoir que l'Alfred ne partage pas tout à fait votre avis. Et puis cet arbre là, n'a pas reçu la giclée rituelle. Ah ! Et puis celui-là non plus tiens ! Eh ! Oh ! C'est pas bientôt fini le 1/3 de goutte sur chaque tronc, nan ?! On rentre et pis c'est tout !! Encore sous le choc de vos déboires, c'est une main tremblante qui insère la clé dans la serrure. Vous n'avez pas le temps de la tourner que la porte s'ouvre violemment. Votre hurlement couvre littéralement le bouh du Loulou, rentré entre temps, qui se tord de rire. C'est dit, cette nouvelle année débute vraiment, vraiment bien...

(1) : pour ceux et celles qui ne parlent pas couramment le carlin, Alfred disait donc : Franchement ! Est-ce que j'ai une gueule de chien de garde... ??!
(2)
: ce qu'aurait du faire Alfred... clic