de Eran Riklis

Cisjordanie, ligne verte séparant Israël des territoires occupés. Salma, une palestinienne quinquagénaire y vit depuis toujours au milieu de la plantation familiale de citrons. Veuve, elle exploite ses citronniers, son seul revenu, avec l'aide du vieil employé de son père jusqu'au jour où un couple d'Israélien vient s'installer dans la propriété limitrophe de son verger. Ce dernier va vite devenir un sujet de conflit de voisinage puisqu'il compromet la sécurité du ministre de la défense israélienne, son voisin. Salma se voit alors assigner l'ordre d'arracher tous ses arbres. Commence alors un véritable bras de fer entre l'homme politique et l'agricultrice.

Le personnage de Salma devient vite attachant par sa simplicité et son courage. Bien que n'étant pas le sujet principal, les difficultés d'être une femme seule et palestinienne de surcroît sont relatées sans violence mais avec fermeté par les scénaristes comme un père, un époux, un frère, un fils, un voisin, un ami, un homme de la communauté peut le faire. La femme ne s'appartient pas. Impensable pour nous autres européennes, tout comme il nous est difficile d'envisager la montagne qu'elle doit escalader pour défendre ce qui lui permet de manger. Le simple fait de ne pas comprendre la langue dans laquelle la missive ministérielle lui  est adressée, devoir affronter les regards réprobateurs des tous les hommes présents lorsqu'elle entre dans un café, subir les menaces et l'humiliation des siens pour 3 citrons. Pourtant, elle gardera toujours la tête haute où tous peuvent lire la fierté sur son visage. Cependant, dans son combat contre les hommes, elle trouvera une alliée improbable dans la personne de la femme du ministre... En y réfléchissant, quoi de moins étonnant ? Les guerres et les conquêtes sont les terrains favoris des hommes ce qui dépassent complètement le sexe opposé. De là à dire que le monde ne s'en porterait pas plus mal s'il était dirigé par le sexe faible, il n'y a peut être qu'un pas...

Pour info (Allociné), Les citronniers a reçu le prix public 2008 lors du festival du film de Berlin dans le cadre de la section Panorama.